C'est un terrain
vague comme il en existe des milliers autour des villes, où les plantes élisent domicile en toute anarchie. L'odeur incommodante et les barrières cadenassées ramènent vite à
la réalité: derrière les talus envahis par arbustes et herbes folles, apparaît une boue sombre et spongieuse. Durant plus d'un demi-siècle, la raffinerie voisine y a déversé des tonnes de déchets
d'hydrocarbures. L'usine, qui se trouvait à une vingtaine de kilomètres de Montréal et quelques centaines de mètres du fleuve Saint-Laurent et qui a fermé ses portes en 2008, est aujourd'hui
entièrement démontée. Reste ses déchets et des hectares de sol monstrueusement pollués avec du fioul, des métaux lourds, des PCB, des solvants…