Par Joie Des Mots
Venu inaugurer la statue d’Ulysse installée dans la baie des Sables-d’Olonne avant l’été, l’écrivain Sylvain Tesson a offert à la foule nombreuse et enthousiaste, rassemblée pour l’écouter, un de ces délicieux moments de culture et d’aventure, un temps suspendu pour rêver avec lui de grandes épopées, une bouffée d’air iodé nous faisant oublier un instant la lourde actualité. Mardi 1er octobre, les yeux rivés vers l’océan, l’auteur toujours en verve déclarait : « Je regarde Ulysse et le soleil couchant, et je me dis que c’est merveilleux de se trouver si près de l’eau pour dire quelques mots sur cette belle aventure. Je précise que j’ai vu la statue à marée basse, et cela me confirme qu’il n’y a qu’aux Sables-d’Olonne que le niveau monte ! »
Une soirée d’exception, donc, au cours de laquelle l’artiste Christophe Charbonnel nous a confié être « extrêmement ému de voir cette puissance qu’a la nature de rajouter une charge poétique » sur son travail, mais aussi touché par les « nombreux commentaires extrêmement encourageants et bienveillants ». Un talent largement plébiscité par les plus de 46.000 visiteurs venus admirer ses monumentales figures mythologiques exposées tout l’été aux Sables-d’Olonne. « Une fréquentation record », nous glisse-t-on dans l’entourage du maire. Une « exposition de l’autre côté du chenal, aux 40.000 visiteurs cet été, prête à saluer dans 40 jours le départ de nos 40 Ulysse des temps modernes à la conquête des 40es rugissants », détaille Yannick Moreau. « Loin des élucubrations progressistes et mercantiles du pseudo art abstrait conceptuel contemporain subventionné et déconstructeur, vous appartenez à une filiation qui n’a brisé ni les liens ni les moules de l’art, mais qui poursuit cette grande œuvre de la recherche de la beauté », complète l’édile courageux face aux vents contraires.
Avec Tesson, nous avons pris conscience du fait extraordinaire que « 2.700 ans après qu'un poème ait résonné sur les grèves des îles grecques, que ce même poème continue aujourd'hui à inspirer les hommes jusqu'à permettre l'inauguration d'une statue sur les rivages de l'Atlantique ». Et l’auteur d’Avec les fées nous a rappelé qu’« Ulysse est l’homme du voyage, de l’exploration, de la rencontre, mais c’est aussi l’homme de l’enracinement. Chez Ulysse, il y a la double oscillation, l’envie d’écume et l’envie de terre […] Ce qui nous concerne tous, car nous avons en nous un écartèlement entre l'envie de la table de chevet et l'envie de la table d'orientation, entre l'aventure et la vie ordinaire, enfin en tout cas sédentaire. »
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