Par Joie Des Mots
La horde écrase la notion d’individu.
Plus encore, la masse indifférenciée des esclaves-prédateurs supprime jusqu'à l’idée d’individualité plausible.
L’époque commande, les importés sont là, dans les gares, dans les rues, les magasins, à la piscine, au cinéma...
Dans les faits, le choc permanent de soi avec l’autre – c’est à dire la multitude infinie de tous ces autres – interdit, bloque, supprime toute parole, toute velléité d’échange.
On est surtout dans l’urgence de l’oxygène mental, de l’horizon dégagé, du repère culturel, d’une appartenance à son propre passé...
Le regard embrassera les rondeurs d’un immeuble haussmanien, accrochera une enseigne un peu datée, suivra une bagnole des années 80, sourira aux notre d’une chanson française, s’éclairera à l’ovale d’un visage enfin pâle.
Respirer, enfin. Respirer à nouveau.
Opposition entre l’hémisphère civilisée qui appréciera toujours la rencontre avec un étranger, et l’hémisphère reptilienne qui fuira et combattra le surnombre.
Nous avons perdu le luxe d’un choix et, avec cela, la possibilité même de considérer la pertinence d’un dialogue.
Ces quelques lignes pour tenter d’expliquer ces mots qui se sont imposés à moi alors que je sortais du métro parisien :
“le r*cisme, c’est l’urgence.”
J.-M. M.
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