Par Joie Des Mots

Dans les steppes de l'Asie centrale ex-soviétique,
avec mes trois chevaux ou sur mon étalon des plaines mongoles,
j'ai découvert une nouvelle jouissance :
regarder sa bête se nourrir.
Aucune autre musique n'est douce à l'oreille du cavalier
comme la mastication d'un cheval.
Elle signifie que les ventres se remplissent de l'herbe
qui servira le lendemain à débiter les kilomètres.
Certains soirs de famine,
dans les franges du Gobi
où mes réserves étaient épuisées,
je me suis contenté d'écouter ma bête mâcher.
Sylvain Tesson
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