Par Joie Des Mots
À première vue, en zieutant d’un œil paresseux et distrait sur le travail de Denis Dubois, l’inattentif profane pourrait croire être confronté aux productions ancestrales et démodées d’un estampeur du milieu du XIXe
siècle, séries de reliques visuelles d’un autre temps qui auraient traversé les siècles pour se retrouver égarées dans les limbes d’un cabinet de curiosités poussiéreux.
Les supports sur lesquels reposent les travaux de l’artiste, en effet, évoquent les lithographies jaunies et fragiles de Charles Philipon ou d’Honoré Daumier, influents caricaturistes en série du
« long dix-neuvième siècle », géniteurs géniaux de l’art satirique moderne comme on le conçoit aujourd’hui.
Détaché du regard brumeux des premières impressions, l’œuvre de l’artiste, originaire de la Manche et de la commune portuaire de Granville, se rapproche en réalité davantage de l’avant-gardisme
artistique du siècle dernier, et n’est pas s’en rappeler les collages dadaïstes et surréalistes d’un Max Ernst ou, plus encore ceux de Jacques Prévert, décousus et viscéralement
provocateurs.

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