Par Joie Des Mots

Je suis femme. Ni plus ni moins.
Je vis ma vie comme elle va,
Fil à fil,
Et je tisse ma laine pour m’en vêtir, non
Pour accomplir le récit d’Homère ou son soleil.
Et je vois ce que je vois,
Tel qu’il est.
Mais je fixe parfois son ombre
Pour sentir le pouls de la perte
Et j’écris demain
Sur les feuilles d’hier : pas de voix
Hormis l’écho.
J’aime l’ambiguïté nécessaire dans
Les paroles du voyageur nocturne
Qui va vers ce qui a disparu
De l’oiseau sur les pentes des mots
Et les toits des villages.
Je suis femme.
Ni plus ni moins encore…
Mahmoud Darwich
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