Mais j’avoue être tombé en arrêt comme devant une sorte d’évidence, à l’écoute un peu distraite, initialement, de cette Marseillaise. Plus particulièrement ce passage : Ils vien-neu jusque dans nos bras, Egorger nos fils et nos compagneuuuu. Tout-à coup, j’ai repensé au Bataclan, à Nice un certain 14 juillet, lorsque effectivement ils vinrent au sens propre égorger nos fils et nos compag-neuuuuu.
A-t-on entendu à cette occasion des Marseillaises enthousiastes ? Je n’en ai pas le souvenir, mais je peux me tromper. Je me souviens de dégoulinants : vous n’aurez pas ma haine, et tiens, reprends donc une part de bougies allumées. Et pas d’amalgame hein, les racistes ! Je me souviens également d’un burlesque défilé de politiques solennels et silencieux, après le Bataclan et Charlie, les responsables mêmes de cette situation, point de Marseillaise hargneuse, mais prônant à tout hasard « l’unité de la nation ». Pour mieux prétendre généralement dans la foulée que précisément, la nation, c’est une saloperie de premier ordre dont seule l’Europe peut nous débarrasser.. Nous serions Charlie ? Morts de rire, en face. Unité ? La belle affaire. Cette Marseillaise d’un stade de Marseille me frappa soudainement, me glaça, me transperça, tant elle ne me semblait vraiment, mais alors vraiment pas à sa place…