Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Header cover

Ils nous tuent ...

Par Marion Rousset

Beaucoup de substances chimiques nous empoisonnent.
Les industriels discréditent les études qui le prouvent.
Grâce à des « experts » et à une rhétorique redoutable.

Quatre-vingt-neuf millions et des poussières : c’est le nombre de substances chimiques uniques inscrites au registre mondial du Chemical Abstracts Service (CAS), une division de la Société américaine de chimie. Des molécules que l’on retrouve un jour loin des éprouvettes qui les ont vues naître – dans l’eau potable, l’air frais du matin, les sources de vitamines, les crèmes de soin… Jusqu’au plus anodin ticket de caisse ! Certaines font figure de suspect n° 1 dans l’augmentation des cancers, des maladies neurologiques et du diabète, le recul de l’espérance de vie, la chute de la fertilité ou l’avancement de la puberté chez les filles. Et pourtant, rien ne change. Ou si lentement. Certes, la France a interdit le bisphénol A dans les biberons et l’interdiction sera étendue aux bouteilles en plastique, canettes ou boîtes de conserves au 1er janvier 2015. Mais la consommation de pesticides continue d’augmenter dans l’Hexagone. Simple retard à l’allumage des pouvoirs publics ? Si seulement…
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article26873
Même quand la toxicité d’un produit devient indéniable, une riposte reste disponible pour les industriels : la DJA, ou dose journalière admissible… « Comment les agences sanitaires osent-elles prétendre qu’il n’y a pas de danger à avaler, respirer, boire, sentir une molécule toxique ? Grâce à la DJA : si on ne la dépasse pas, il n’y a pas de souci. Et si on la dépasse, pas davantage, ou presque », ironise Fabrice Nicolino. Des expériences menées sur des rongeurs ont pourtant prouvé que, même à des doses infinitésimales, le bisphénol A, connu pour ses effets sur l’équilibre hormonal, pouvait provoquer des anomalies chromosomiques. Ce poison est d’ailleurs l’arbre qui cache la forêt des phtalates et autres perturbateurs endocriniens, tel le bisphénol S – incriminé dans deux études japonaises – qui lui sert déjà de substitut dans la fabrication de certains tickets de caisse ! Et dans l’ombre, se profilent d’autres particules omniprésentes, mais dont l’affichage n’est pas réglementé : celles qui se nichent dans les nanotechnologies. Dans Nanotoxiques, Roger Lenglet raconte ainsi comment ces dernières, « entrées dans nos vies en catimini », sont à bien des égards des bombes à retardement. Qu’il faudra désamorcer. Rapidement.

Ils nous tuent ...

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article