Par Joie Des Mots
Par Delfeil De Ton
Il est plaisant d’entendre les ministres de Mr Fillon, voire Mr Fillon lui-même, dénoncer l’état de notre économie et de nos finances comme si les ministres et Mr Ayrault qui viennent de leur succéder y étaient pour quelque chose.
Et
il est plaisant également de voir en quel état douze ans de présidence Chirac suivis de cinq ans de présidence Sarkozy ont laissé la police nationale dont ils se montraient si fiers, dont ils ne
cessaient de louer l’action et de s’en revendiquer, dont ils couvraient tous les débordements et niaient les insuffisances. Que n’entendait-on sur son excellence dans la bouche de
Mr Hortefeux, puis de Mr Guéant qui avait pris sa place à la tête du ministère de l’Intérieur. Or, voilà qu’il apparait chaque jour plus lumineusement que le laisser-aller, la
concussion et la malhonnêteté la plus ordinaire régnaient dans maintes brigades et nombre de services.
Comment ne pas éclater de rire lorsqu’on entend que tel commissariat du Midi dissimulait derrière de faux-plafonds drogues diverses, bijoux et billets de banques dont il est loisible d’imaginer qu’ils avaient été l’objet de larcins commis au cours de perquisitions ou de saisies sur des malfaiteurs qu’on avait ensuite laissés filer et qui auraient été bien imprudents de venir s’en plaindre auprès des autorités de la République.
Le Nouvel Observateur N° 2501 du 11 octobre 2012
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog