Par Joie Des Mots
Joana Vasconcelos, il n'est pas besoin de la questionner longtemps pour qu'elle reconnaisse la part de critique féministe qui
sous-tend son oeuvre.
Elle la revendique d'autant plus volontiers que celle-ci est à l'origine des difficultés rencontrées par l'artiste dans le montage de l'exposition versaillaise. La Fiancée est l'une de
ses oeuvres les plus célèbres. Présentée à la Biennale de Venise, en 2005, elle en était l'une des réussites. En forme de lustre XVIIIe siècle, elle est entièrement composée de
tampons hygiéniques d'une blancheur immaculée. "La première question que nous nous étions posée, Jean-Jacques Aillagon et moi, quand nous avons commencé à réfléchir à l'exposition,
c'était : où va-t-on mettre La Fiancée ? J'avais un rêve : obtenir que deux lustres de la galerie des Glaces soient détachés et suspendre à leur place La Fiancée à une
extrémité, Carmen* à l'autre, la blanche et la noire, la pure et la pute. Mais non, il paraît que ce sont des oeuvres sexuelles, et que ce n'est pas convenable à Versailles. Comme s'il
n'y avait pas eu tant de femmes à Versailles et tant d'histoires de sexe !"
*Carmen, en forme de lustre déjà, mais noir et agrémenté de dizaines de boucles d'oreilles vivement colorées
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog