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L'été des salades ...

Ouf, l’étrange idée d’interdire l’épandage de pesticides à moins de 200m des crèches et des écoles a été retoquée par les députés la semaine dernière. Tous les accros du pulvérisateur s’attendent à ce que, ce jeudi 17 juillet, les sénateurs, qui réexaminaient en deuxième lecture le projet de « loi d’avenir agricole » abandonnent définitivement cette idée écolo saugrenue… (Poursuite de l’examen de la loi ce lundi 21 juillet).

 Petit rappel : la France reste le champion européen de la chimie au champ. Résultat, quand vous vous régalez d’une belle salade ou d’une pêche de saison, vous avez 53 chances sur 100 d’avaler des résidus de pesticides. C’est ce qui ressort du dernier bilan de la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) sur « les résidus de substances phytosanitaires dans les fruits et légumes ». Bilan tiré d’une étude menée sur un échantillon riquiqui. En 2012, seulement 0,2 % des exploitations agricoles ont reçu la visite d’inspecteurs de la DGAL chargés de la sécurité sanitaire des végétaux. Un manque de zèle du ministère de l’Agriculture, que la Cour des comptes avait étrillé dans son rapport annuel 2014 consacré à la sécurité de l’alimentation.

 

Au fait, pourquoi les fruits et légumes sont-ils si peu surveillés ? Tout simplement parce que les arboriculteurs et les maraîchers ne touchent pas d’oseille de Bruxelles (c’était le cas des viticulteurs jusqu’en 2008). Comme l’écrivent les magistrats de la rue Cambon, « les contrôles s’exercent prioritairement sur les exploitations agricoles qui bénéficient des aides au titre de la politique agricole commune, afin de prévenir le risque d’une demande de remboursement ultérieure ». En clair, c’est pour une question de flouze. En effet, chaque État est tenu, sous peine de grosse amende, d’aller vérifier chez 1 % de ses agriculteurs bénéficiaires de la PAC qu’ils appliquent bien à la lettre les règlements sanitaires européens. L’an dernier, la France a ainsi dû casser sa tirelire pour reverser à Bruxelles 46 millions d’euros de pénalités à cause de fraudes ou d’erreurs de versements.

Peu importe si c’est dans les vergers que l’on pesticide le plus, comptez jusqu’à 28 traitements pour une seule pomme. Allez, une petite salade de fruits ?

Le Canard Enchaîné N° 4890 du 16 juillet 2014

L'été des salades ...

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