Par Joie Des Mots
Par Jean-Claude Guillebaud
Je me suis souvent demandé pourquoi, dès qu’il était question d’économie, de chômage ou de croissance, les débats télévisés – hier encore regardables – suintaient l’ennui. J’inclus évidemment C dans l’air d’Yves Calvi auquel je fus longtemps assidu. Est-ce la prévalence de la vulgate néolibérale ? Ce serait trop simple. Est-ce parce que les mêmes commentateurs, à la même heure, y disent la même chose, à d’infimes variantes près ? Oui, certes, mais la chose est trop répandue ailleurs, dans l’audiovisuel, pour qu’on s’y arrête. Ce travers archi connu, c’est celui du spectacle. Il me semble que, cette fois, la progression de l’ennui tient à une raison plus dévastatrice pour notre intelligence du monde.
C’est du langage qu’il s’agit, des mots, des tournures, des vocables. Les participants en font usage de manière ingénue, sans se rendre compte qu’ils ne font plus sens. Ces mots, subrepticement subvertis par la domination, sont devenus de la fausse monnaie. Soit ils se réfèrent à des réalités disparues, soit ils servent à masquer une ruse derrière une formule.
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