Par Joie Des Mots
En 1798, lorsque Bonaparte débarque avec ses troupes au Caire, l'Europe est encore largement marquée par un christianisme puritain. La danse est vue d'un très mauvais oeil ; le corps se doit d'être caché et ne peut s'exprimer librement. On appelle le bassin "partie honteuse". En Polynésie, où la danse se joue dans cette zone, les missionnaires l'interdisent purement et simplement. De l'autre côté de l'océan, en Europe, les danses folkloriques laissent uniquement les pieds s'agiter tandis que le reste du corps demeure parfaitement rigide, même corseté pour les femmes. Dans ce monde où la vision d'une cheville est le summum de l'érotisme, les soldats de Bonaparte débarquent en Egypte et découvrent des demoiselles qui bougent chaque partie de leur corps. Le travail du bassin et du ventre s'avère approfondi, le nombre de mouvements de bras, de tête, de déliés des doigts et des mains presque aussi incalculable. Les hommes, hypnotisés par le ventre ondulant et dénudé, n'en retiennent que cela, assimilant rapidement les danseuses à des prostituées. Le nom "danse du ventre" apparaît, extrêmement péjoratif et uniquement utilisé dans le monde occidental.
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