Par Joie Des Mots
La buse est un petit aigle bucolique banal et robuste qui carbure au campagnol, un combustible court sur patte qu'il arquebuse du regard, capture sans ruse, puis écluse en mode rustique à coups de becs crochu. d'ailleurs, un dicton mulot totalement méconnu dit que là où le rapace passe, le campagnol passe en tapas et trépasse !!!
Donc quand l'appétit la tarabuste, la buse se plante à l'affût sur un poteau, un point haut. Elle scrute les herbus alentours, et ça craint pour les souris du cru. On a beau savoir que les oiseaux de proie mirent le monde avec des yeux de lynx, on reste interdit devant leur capacité à débusquer sans bouger de si petites friandises dans l'épais chevelu des prés.
L'explication, c'est l'écrivain naturaliste Marc Giraud qui nous la donne. Elle tient en deux mots : haute technologie ! La buse bosse au détecteur d'ultraviolets. Quand ils pérégrinent, les micro-rongeurs urinent. Or leur urine reflète les ultraviolets. Comme ils sont routiniers, ça balise des petits tracés colorés que le rapace décèle et surveille. Et quand il détecte un mouvement dessus, il ne lui reste plus qu'à nouer la serviette, sortir un Saint-Estèphe 2008, puis donner un cou d'aile et deux coups de bec.
Thierry Creux pour Ouest-France

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