Par Joie Des Mots
"La force de cette surveillance est de s’être installée partout, dans n’importe quel support, dans nos poches et nos maisons, jusque dans nos crânes.
Elle s’immisce sous forme de slogans dans chaque conversation et traque la mauvaise conscience de Monsieur Moyen jusque dans l’isoloir, voire jusque dans la mort "digne", sans haine, sans se faire remarquer, sans même réagir.
On pense évidemment à l’œil de Caïn.
Le fameux chantage à l’extrême droite, notre damnation, se traduit par des alarmes mentales, de véritables flics dans nos cerveaux, quand viennent sur la table les sujets "délicats".
Quand notre pensée nous menace de mort sociale, on apprend vite à ne plus penser…
Nous sommes des êtres sociaux, aisément culpabilisés, notre réputation dépend du jugement des autres, de nos pairs, de notre groupe. Notre première terreur est celle de l’ostracisme, arrêt de mort de l’animal domestique, trop dépendant pour survivre seul. Nous avons donc tendance à faire nôtres des jugements conformes, prudents, à suivre l’opinion qui semble dominante, celle de Big Brother.
Quand untel dit "pas d’amalgame", il répète un slogan appris, comme une publicité, un dressage. Ce n’est pas une pensée. Une simple posture de supériorité morale.
Et quand la correction sociale se fait menaçante, peut vous coûter vos proches, votre emploi, votre compte en banque, ou encore un bon lynchage en règle sur les réseaux sociaux, il est évident que beaucoup en perdent leur début de courage."
Laurent Obertone
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