Par Joie Des Mots
En 1962 finit un monde avec l’ouverture du deuxième concile du Vatican, au mois d’octobre. Rome avait sans doute été la ville la plus prise au cours de l’histoire, Brennus, Odoacre, Alaric, Charles Quint, Napoléon, Victor Emmanuel, Hitler, Clark, et pas mal d’autres y étaient entrés en triomphateurs, avec ou sans pillage, mais le vrai sac de Rome date de 1962. Une société catholique qui durait depuis seize siècles s’effondra d’un coup.
(J'avais 23 ans, mariée, j'avais le malheur d'être socialiste, c'est-à-dire du parti de ceux qui allaient détruire et je n'ai rien vu venir avant que ne s'installe l'islamo-socialisme !!!)
Un adolescent d’aujourd’hui ne saurait imaginer ce qu’était alors l’Europe. Je ne parle pas seulement d’Eglises pleines, de prêtres par dizaines de milliers, ni de mariages ou de baptêmes, ni même de foi : mais le christianisme, directement pour les uns, par réaction pour les autres, réglait la vie de tout le monde. Messes, vêpres, cote des films, poisson du vendredi, vacances de Noël et de Pâques, calendrier des fêtes, dictons, images, références, tout était chrétien, et d’abord catholique.
La liturgie et la discipline catholique rythmaient le temps, la morale chrétienne décidait des comportements, même quand on la transgressait, la culture catholique imbibait les esprits et animait les controverses.
Le psy n’était encore qu’une fantaisie de femme du monde désœuvrée ou une manie d’idéologue, on allait à confesse, la fête de la musique n’avait pas remplacé les feux de la Saint Jean.
D’un coup, en très peu de mois et d’années, cela disparut.
Le temps parut mou soudain comme un shamallow, il se gondolait dans une sorte d’été braillard, la réalité devint momentanément impalpable, et au réveil il ne resta rien de ce qu’on avait connu ; pourtant tout, et tout le monde, était bien là, mais ce n’était plus du tout la même chose. Ce fut un truc énorme et indescriptible, la fin des dinosaures, la chute de Byzance, le dessèchement du Sahara, un abîme devant quoi même Victor Hugo aurait manqué d’images.
J’allais aux scouts, je jouais au ping pong et au baby-foot à la salle paroissiale, j’ai donc tout vu et puis témoigner.
Martin Peltier
(Moi aussi, sans avoir été scout, mais élevée chez les Soeurs !!!)
La Grande Troménie à Locronan (Bretagne) défie le temps !!!

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