Par Joie Des Mots
La mise en lumière du phénomène est, à elle seule, problématique. L’ouvrage collectif Les territoires perdus de la République, paru en 2002 sous la direction d’Emmanuel Brenner, montrait déjà l’ampleur du sinistre et suscitait les critiques acerbes d’une pensée progressiste toute acquise au principe d’un droit à la différence. Les ferments du séparatisme avaient été minutieusement analysés par Alain Finkielkraut dès 1988 dans sa Défaite de la pensée. Il rééditait son « délit d’opinion » avec l’Identité malheureuse parue en 2013. Cette ultime alerte provoqua un déchainement de réactions outrancières. La violence de la charge était à la hauteur de l’évènement : elle était livrée contre le fascisme qui entrait à l’académie française ! Bérénice Levet, spécialiste d’Hannah Arendt, dresse le même constat et en identifie les origines dans Le crépuscule des idoles progressistes. Elle dénonce un système éducatif qui renonce à transmettre les savoirs, embrigadé par le « pédagogisme », gouverné par « la pensée 68 », dénigrant l’autorité et bannissant toute référence au passé. Il faudra attendre le livre de Jérôme Fourquet, L’archipel français, pour qu’une étude sociologique et démographique vienne objectiver ce que d’aucuns déplorent et que d’autres attendent : la dislocation de l’Etat-nation en entités sociologiques, ethniques et religieuses disparates.
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