Par Joie Des Mots

Ce n'est pas par goût de la souffrance
que j'use mes semelles
mais parce que la lenteur révèle des choses cachées par la vitesse.
On ne déshabille pas un paysage
en le traversant derrière la vitre d'un train ou d'une auto :
on en retiendra au mieux le souvenir d'un fusement,
une vapeur d'impression diluée dans l'excès des visions.
Le voyageur à pied, lui,
peut quitter la route fréquentée
pour des sentes mieux traitées par les hommes,
c'est à dire moins battues.
Sylvain Tesson
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