Par Joie Des Mots
Il était donc une fois un village qui forgea patiemment un couteau de paysan dont la lame droite à pointe bourbonnaise se
cintra au fil des ans, son acier bien trempé, estampillé d'une abeille, s'orna d'un manche en corne. Le Laguiole est une success story. Ou mieux : « C'est l'histoire d'un couteau fait à la main pour une main d'homme »,
résume élégamment Thierry Moysset.
Et puis, un jour, quand le monde devint l'immense marché que l'on sait, le droit des marques mit la main sur les vieux usages. En Val-de-Marne, Gilbert Szajner eut le nez creux pour déposer la
marque Laguiole et la mettre à disposition des entrepreneurs ingénieux. Deux, trois, quatre fois, les tribunaux ont statué : il est dans son droit, Gilbert Szajner, celui que le village
surnomme « le vampire de Laguiole ». Alors qu'il n'est qu'un homme d'affaires tout ce qu'il y a de plus légal. Légitime ? Ça, c'est une autre affaire.
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