Par Joie Des Mots
Sa mission s'intitule joliment «7e continent», mais la «terre» que Patrick Deixonne s'apprête à explorer ne l'est pas. À partir du 2 mai, le Français va partir à la découverte d'un des cinq «gyres» de la planète, ou «continent de plastique», situé dans le Pacifique. Une monstruosité de pollution grande comme six fois la France. [Infographie]
Vous rêvez d'explorer un nouveau continent, avec si possible des beaux paysages ? Ne rêvez plus, le XVIe siècle et ses grandes découvertes sont loin. Au XXIe siècle, les nouveaux continents sont
constitués de déchets, plastique. En somme, de pollution...
Grand comme six fois la France
Et c'est ce vers quoi va se diriger le Français Patrick Deixonne qui part le 2 mai de San Diego, aux
États-Unis, à bord d'une goélette pour découvrir l'un des continents en plastique du monde, grand comme six fois la France, et flottant dans le Pacifique.
«Choqué par les déchets rencontrés dans l'océan» lors de sa participation à une course en solitaire transatlantique à l'aviron en 2009, l'explorateur a décidé de monter cette expédition
scientifique qui durera un mois pour alerter -«l'information est la clé du changement» pour lui - sur la «catastrophe écologique» en cours dans le nord-est du Pacifique.
Pour l'instant, cette plaque de déchets, découverte en 1999 et «située dans des eaux peu concernées par la navigation marchande et le tourisme, n'intéresse, en effet, que les écologistes et les
scientifiques. La communauté internationale, elle, ne s'en soucie guère», estime-t-il.
3,4 millions de km³ de déchets
Pourtant, le sujet est colossal : 22.200 km de circonférence et environ 3,4 millions de km², selon le Centre national des études spatiales qui parraine le projet.
Pour expliquer ce phénomène, les scientifiques avancent que les déchets s'amalgament au point de rencontre de courants marins qui s'enroulent sous l'effet de la rotation de la Terre, selon le
principe de la force de Coriolis, et forment un immense vortex - tourbillon - appelé «gyre». Là s'acclutinent des dizaines de millions de tonnes, selon les estimations, qui sont «essentiellement
des microdéchets de plastique décomposé en suspension sur 30 mètres de profondeur», selon le biologiste Georges Grépin, d'Ocean Scientific Logistic, qui s'occupe de la mission.
Ramener des mesures des prélèvements
Le but de l'aventure sera de ramener des mesures concernant la densité de la pollution, avec des prélèvements d'eau, de
planctons et de matériaux. Et de cartographier les zones polluées grâce à l'imagerie satellite, ce qui serait une première mondiale.
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