Par Joie Des Mots
Le Lady d'Arbanville
À travers la mer tropicale,
Sous un soleil à rendre fou,
Avec des lingots plein sa cale,
Le navire vient du Pérou.
Le blason d’Espagne et d’Autriche
Palpite sur son pavillon.
Vent arrière, pompeux et riche,
Il revient, le lourd galion.
Horreur ! grâce au vent qui l’entraîne,
Le sinistre vaisseau-trésor
Ramène une double gangrène,
La lèpre et le besoin de l’or ;
Et pour qu’elle s’y développe
De nation en nation,
Ces maudits portent à l’Europe
L’incurable contagion.
Pavillon flottant, tête basse,
Ils vont, mornes, dans la splendeur…
― Vois ce riche insolent qui passe,
Il a la peste dans le cœur !
François Coppée (extraits)
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