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Le grand clivage ...

Par Gérard Charollois

Toutes les époques connurent des fractures de la société qui façonnèrent l’Histoire comme la tectonique des plaques bâtit les reliefs de la terre. Il y eut les affrontements successifs des républicains contre les monarchistes, des laïcs contre les cléricaux, des socialistes contre les maîtres de forges, des pacifistes contre les nationalistes, des démocrates et libertaires contre les fascismes, des progressistes contre les conservateurs.

  Et aujourd’hui ? Il y a les ennemis de la terre,  négationnistes des devoirs de l’homme envers l’animal et la nature et nous, biocentristes. C’est la profonde fracture de notre temps, le grand débat, l’inconciliable querelle comme le furent celles ci-dessus rappelées. D’aucuns s’étonneraient d’une telle assertion en parlant de la « crise » économique, du chômage, de l’absence de croissance, de la notation des États par les agences privées constituées à cet effet, du taux d’endettement public et d’autres choses tellement sérieuses occupant nos médias.

 

Comme si le rapport au vivant n’était pas le plus grand défi éthique et pratique de notre époque de maîtrise quasi-absolue par notre espèce, en cette ère nouvelle que les scientifiques appellent l’anthropocène, démontrant ainsi que l’homme transforme la planète au même titre que les facteurs géologiques. Pour une fraction de la société, l’animal demeure une chose, une marchandise, une pure occasion de profit ou pire de divertissements sadiques. Bien sûr, tout le monde sait que l’animal est un être sensible, capable d’éprouver le principe de plaisir déplaisir, mais les habitudes servent de paravents de la mauvaise conscience.
Altermonde-sans-frontières

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