Par Joie Des Mots
On a drôlement raison d’appeler Le Monde « le journal de référence » : il est vraiment le maître étalon de la mauvaise foi médiatique. Un modèle du genre. Le 31 août, dans la rubrique « Planète-climat », ce quotidien si sérieux titrait : « Au Pakistan, les mariages forcés en hausse à cause du dérèglement climatique ». La démonstration est très simple : les moussons étant déréglées, les Pakistanais sont pauvres et n’ont d’autre issue que vendre leur fille.
Est-ce aussi à cause du dérèglement climatique que 1.000 crimes d’honneur recensés : il y en a sans doute bien plus selon Human Rights Commission of Pakistan), dont les victimes sont quasiment toutes des femmes, sont perpétrés dans ce pays ? Est-ce à cause de la mousson que, de Shahbaz Bhatti à Rimsha Masih, des chrétiens sont régulièrement assassinés ou, comme Asia Bibi, lynchés, calomniés, emprisonnés forcés de fuir clandestinement, que leurs églises sont incendiées, leurs maisons pillées, leurs filles violées, forcées d'épouser leur bourreau en même temps que de se convertir, ou a-t-on le droit d’y voir un élément culturel, religieux, civilisationnel ?
Et quid (pour ne citer qu'elle) d'Afshi Rani ? Originaire du Pakistan, celle-ci a grandi en France. Un été, elle a pourtant été mariée de force à la faveur de vacances au pays, parce que ses manières trop libres faisaient honte à sa famille. À quel moment, exactement, dans cette histoire, intervient le dérèglement climatique ?
https://www.bvoltaire.fr/mariages-forces-au-pakistan-la-justification-du-monde-ne-manque-pas-dair/

Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog