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Le Mur de l'Atlantique ...

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Ils sont toujours là, n'importe quel promeneur peut aller le vérifier, sur les plages entre Dunkerque et Biarritz. Des bunkers, casemates, remparts, batteries et blockhaus par milliers. Ils constituent un mur dont Hitler ordonna l'édification afin de contenir et repousser un débarquement allié. Ce qui fut une divine surprise pour nombre d'entreprises du bâtiment. Des entreprises françaises. Le gigantesque chantier, qui dura de 1942 à 1944, donna du travail à des centaines de milliers d'ouvriers. Forcés (parfois) ou volontaires (le plus souvent). Disproportion que les intéressés ont mis du temps à admettre tant elle les plaçait face à leurs responsabilités. rares encore sont ceux qui admettent que le travail le long de l'Atlantique leur a évité le STO en Allemagne. On sait qu'en France, quand le bâtiment va, tout va. Même en France occupée. Jérôme Prieur a donc planté sa caméra sur les falaises et sur le sable. Il l'a figée face à ces menhirs militaires, aérolithes de noir et blanc dans un paysage en couleurs sous un ciel de peintre impressionniste.  En commençant par balayer la légende d'une résistance au Mur : même si des ouvriers le sabotèrent en mélangeant du sable au ciment, ou en mêlant de la farine et du sucre au ciment, ils furent une infime minorité et l'effet de leur action d'autant plus douteux lorsqu'on se souvient du prix et de la rareté de ces denrées de première nécessité. Les historiens font parler ces vestiges qui ressemblent à autant de fantômes de l'Histoire.

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