Par Joie Des Mots
« C’est un déluge biblique, pire que les inondations en pays ch’ti.
Ça pleure, ça pleure, bergère !
À la fin on a les pieds dans l’eau.
Ça pleure beaucoup, bruyamment, tout le temps, partout.
Sur les plateaux télé, dans les colonnes des magazines, dans les palaces de Cannes et dans les beaux quartiers.
Mettez plus de quinze actrices dans un théâtre pour une remise de prix quelconque, les César par exemple, et l’affaire finit en concert des lamentations.
En chœur, en cadence, en canon, elles se mettent à pleurnicher sur tous les tons : c’est le grand sanglot polyphonique, le plain-chiant monodique. C’est leur cri de ralliement, leur chant des partisanes, la Marseillaise des pelotées : le jour de gloire est arrivé !
N’attendez pas d’elles un mot de compassion ou de solidarité pour leurs « sœurs », ces femmes ordinaires, de la lycéenne à l’octogénaire, violées par des migrants sous OQTF, cela ne les intéresse pas. C’est stigmatisant, ça fait le jeu de l’extrême droite, et d’ailleurs c’est un fantasme.
Seul leur nombril les passionne. »
Olivier Maulin

Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog