Par Joie Des Mots
Modesto ROLDAN introduit de la "géométrie passionnée dans ses perspectives et met une passion géométrique dans ses nues. L’équilibre délicat entre la courbe
et la droite, la connaissance du fait que son chaos, n’est pas seulement « sacré » mais perfectible comme le propre chaos, la lutte entre l’ange qui traverse les corps et le froid démon
(aujourd’hui l’enfer c’est le Néant) et celui de la géométrie qui cloisonne, où à partir de laquelle tout se génère, c’est tout le secret pour comprendre son œuvre, pour pénétrer dans le domaine
de sa bataille.
Roldán anime et brode les cheveux des femmes comme un astronome qui dessine une galaxie ou comme un artiste de la Renaissance illustrait un calice, Roldán c’est un Cellini qui est passé par le
surréalisme.
Cellini est un Roldán qui est passé par les Vierges baroques et sensuelles de l’Andalousie. Roldán c’est le dernier et rare Rubens et le premier du surréalisme. Roldán est l’orfèvre des rêves et
l’orifice de ce délicat métal qui se forge sur la solitude des corps.
Roldán, Modesto, c’est la sensualité de Baudelaire corrigée par la santé du Louvre. Pure contradiction, comme la rose de Rilke, tension interne du tableau, main de maître d’un fou qui chaque jour
raisonne mieux, peint mieux, meurt mieux.
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