Par Joie Des Mots
Lettre à une agence de voyage !
Vous dites : Dharamsala tout prête au rêve.
Mais la réalité est toute autre.
Les personnes qui ont connu l'Inde il y a 30, 20, 10 ans sont restées effarées par la dégradation des sites, des lieux, des
villes.
Shimla, une ville d'eau est presque la pire de toute.
La pollution rend irrespirable ces lieux.
La nature a été detruite et l'architecture même contribue à la laideur environnementale : béton de mauvaise qualité, du vite
fait sans finition, des "HLM" sans grace avec un pourtour de dechets.
Les touristes asiatiques que nous croisons portent des masques et les locaux commencent également à le faire. Si ce n'est pas
un masque, c'est un foulard ou un mouchoir.
Les véhicules sont trop nombreux, trop polluants et omniprésents.
Le bruit incessant des klaxons cesse vite d'être exotique à nos oreilles. Les chiens errants qui dorment le jour et hurlent
la nuit participent à ce sentiment de vacarme envahissant et perturbant.
Quant à l'odeur, entre pollution des gaz d'échappement et eaux usées à ciel ouvert, pas besoin de choisir, vous avez les
deux.
Effarant, même l'eau utilisée pour la douche sent mauvais.
Chaque touriste, moi y compris, contribuons à cette pollution. Nous sommes une de ces causes. Terrible.
Nous avons voulu venir nous inspirer de lieux somptueux et cette déferlante humaine à tout saccagé.
Les hôtels pour touristes, les transports pour touristes, les douches et sanitaires pour touristes, la bimbeloterie pour
touriste, ont transformé ces endroits splendides en cuves irrespirables que le premier humain en recherche d'harmonie et de beauté va fuir à toute jambe.
Après ? on se remémore ces paysages somptueux entr'aperçus entre deux villes et on se dit que l'Inde qui respire encore doit
être la ? Mais comment l'atteindre quand on est un touriste qui ne connait rien a ce pays et que les agences et les guides continuent a faire comme si ces villes étaient encore aptes à
contenter une âme exigeante ?
Et je me prends a rêver que ces lieux restent justement inaccessible à moi comme aux autres.
Surtout, que le tourisme ne vienne rien saccager dans ces endroits cachés.
Vous devez prendre conscience que ce tourisme-la, celui que vous vendez et qui avait un sens il y a 20 ans, est
terminé.
Vos description doivent tenir compte du fait que ces lieux sont devenus irrespirables et laids.
Vous, moi, les indiens, les touristes, sommes co-responsables de ce phénomène.
Le taire, la cacher, l'occulter n'a plus de sens.
Nous devons collectivement travailler avec l'Inde, trouver des solutions ensemble : cette succession immuable de
déchets, de villes qui ressemblent à des terrains vagues ne peuvent plus être cachés par la succession d'échoppes colorées et d'indiennes vêtues comme des princesses.
La pollution, cette odeur suffocante est immédiatement ressentie à la descente de l'avion et poursuit le touriste en
recherche de beauté jusqu'à la suffocation.
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