Par Joie Des Mots

Les menhirs demeuraient.
Ils montaient la garde.
Leur présence garantissait leur légitimité.
Cela suffisait.
Ce soir-là au carré du bateau, j'avançai une explication.
L'homme comprenant qu'il était un roseau vibratile
aurait planté des pierres pour conjurer sa fragilité.
Malade de désir, affreusement furetant et toujours mécontent,
contaminé par l'espérance,
il aurait trouvé un soulagement dans le menhir.
Son inquiétude se serait apaisée devant l'inerte.
Tout le menaçait : l'horizon chassait, la mer rageait.
La pierre, elle, ne bougeait point.
Luxe, calme et fixité.
Sylvain Tesson
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog