Si retranchée soit notre vie, perdue sur les hauteurs brûlées de vent, elle n’est jamais si proche que dans une poignée de visages aimés, que dans cette pensée qui va vers eux, dans ce souffle d’eux à nous, de nous à eux. Christian Bobin
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Si un jour il ne me souvient de te dire : « Douce matinée ! », me laissant porter à écrire tel un petit gamin des mots étranges sur la page d’un carnet, ne t’inquiète pas de mes absences, encore moins de mon silence Ne pense pas que quelque chose ait...
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Mon corps n'a pas été fait pour être aimé à l'occasion. il a été fait pour être aimé chaque nuit, avec des mains chaudes. Tous les jours, dans le dévouement, de la même façon que le soleil s'incline vers la terre, tous les soirs, et se lève tous les matins...
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Iris Ses yeux étaient bleus L’iris dans l’ azur de l’été Au dessus deux hirondelles D’un léger coup d’aile s’envolaient Les cils battaient Stratagème de demoiselle Pour mieux nous prendre dans ses filets Quand je m’approchais Pour lui dérober un baiser...
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Les yeux ! Ils nous apprennent tous les mystères de l'amour, car l'amour n'est ni dans la chair, ni dans l'âme, l'amour est dans les yeux qui frôlent, qui caressent, qui ressentent toutes les nuances des sensations et des extases, dans les yeux où les...
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Les hirondelles. Elles me donnent ma leçon de chaque jour. Elles pointillent l’air de petits cris. Elles tracent une raie droite, posent une virgule au bout, et, brusquement, vont à la ligne. Elles mettent entre folles parenthèse la maison où j’habite....
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Celui que j’aime chaque nuit se mêle aux flots de mon sommeil. Il suffit de son nom murmuré dans un rêve : la mer se creuse et se soulève, s’ouvre dans l’ombre, et le voilà qui berce ma barque et me prend dans le golfe de ses bras… Il me prend dans ses...
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"Crois-tu que parce que tu es loin et que je meurs de soif Je ne pourrais te retrouver ? je te saisis avec mes yeux, avec ces yeux, qui chacun abrite ténèbres et étoile. je t’attire sous ma paupière, je la ferme et tu es dedans." Gertrud Kolmar
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"(…) Nos paroles sont lentes à nous parvenir, comme si elles contenaient, séparées, une sève suffisante pour rester closes tout un hiver ; ou mieux, comme si, à chaque extrémité de la silencieuse distance, se mettant en joue, il leur était interdit de...
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Il y a des matins en ruine Où les mots trébuchent Où les clefs se dérobent Où le chagrin voudrait s’afficher Où l’on se suspendrait Au cou du premier passant Pour le pain d’une parole Pour le son d’un baiser Où le coeur s’ensable Où l’espoir se verrouille...
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