Par Joie Des Mots
« Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple » disait en son temps le facétieux Bertolt Brecht. C’était mal connaitre notre cher président, seigneur et maître du en même temps qui s’acharne, lui, avec l’agilité qu’on lui connait aux deux tâches : la dissolution de l’Assemblée contiguë à celle de cet « âne qui se cabre, cet éternel mineur » qu’est le peuple, le bon ou le mauvais selon qu’il est virtuel, romanesque ou bien qu’il vote (mal).
Cette chose qui grossit à vue d’œil ou du moins d’élection puisqu’il n’y a plus que ces dernières pour l’éprouver, cette moitié de France qui s’abstient ou cette autre presque moitié votante mais qui vote rance, hier ouvrière, puis paysanne, puis cadre, fonctionnaire, rang C, rang B, retraités, le temps est venu malgré l’ampleur de la tache et de la tâche sinon de pouvoir totalement les dissoudre, du moins de les néantiser. A tous les déclassés qui viennent en grossir les rangs, à tous ces ahuris qui peinent à en finir avec la réalité, comme d’autres avec des punaises de lits, qui comptent les centimes dans les allées des supermarchés, qui font le plein une fois par semaine dans les stations-services des Zones d’Aménagement Commercial, qui osent souffrir moins de la fonte du permafrost que de celle de leur pouvoir d’achat, qui rechignent encore à aimer l’Autre comme la chance de leur terne existence, ou leur descendance anémique, il est temps de s’adresser durant quatre semaines, de leur faire l’aumône d’une pédagogie que les écoles de la république hélas ne dispensent plus le reste du temps.
https://www.causeur.fr/cessons-decouter-la-morale-des-deracines-285611

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