Par Joie Des Mots
Paris, comme Rome, est une ville idéale pour les mélancoliques et les nostalgiques.
Les vestiges de sa grandeur passée, sa beauté à la fois immuable et dégradée, son altière décadence sont le décor parfait du romantisme blessé.
Une ville désormais peuplée de teufeurs, de hipsters et d'un lumpen prolétariat totalement acculturé mais dont les pierres respirent encore l'art et la littérature, la violence historique et la volonté impériale.
Un écrin aujourd'hui vide mais toujours enivrant.
Il suffit de marcher au hasard, exposé à toutes les embuscades de beauté et de poésie, et de garder constamment le regard au niveau du premier étage des maisons et immeubles, juste au dessus de la zone où commencent le grouillement et le pourrissement.
Ne rien écouter, surtout, ni les palabres des passants, ni les vociférations des obsédés téléphoniques, juste ressentir.
Oublier les remugles de pisse se dégageant du clodo vautré sur le trottoir, les vociférations des camés du cellulaire, les éructations des racailles en goguette, la triste passivité des bouches de métro dégueulant leur diarrhée quotidienne de post-humains zombifiés.
S’imaginer à une autre époque, en un autre temps, dans les pages d’un roman de Malet ou de Simenon, espérer croiser un mousquetaire ou un hussard au coin de la rue, inventer une barricade, une canonnade, s’évader pour pas cher…
La magie de Paris survit à tous les outrages, et si l’on veut bien souvent quitter et fuir ce qu’elle est devenue, c’est en gardant toujours, quelque part au fond de l’âme et du coeur, l’espoir d’y revenir un jour.
Xavier Eman
Blog infanteriesauvage sur Tumblr
C'est drôle de lire cela, c'est valable pour moi en parlant de Nantes.
Quand j'y allais pour la découvrir mieux, au début de ma retraite, je ne regardais que les premiers étages, les étages nobles, avec les balcons magnifiques soutenus par des mascarons ??? déjà le grouillement des trottoirs m'horripilait, vous pensez bien que je ne vais plus à Nantes !!!
Michel Blanc est mort, vous me direz quel rapport ? L'autre soir, chez Pascal Praud il était question de ses films déjà anciens et Geoffroy Lejeune, Directeur du J.D.D. expliquait qu'il avait regardé ces films et la différence entre le Paris des films de Blanc et aujourd'hui l'avait bouleversé : figurez-vous qu'il y avait encore des ouvriers qui vivaient dans Paris !!!

Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog