Par Joie Des Mots
Est-ce parce qu'il appartient à l'ordre des pinnipèdes ? Ou parce qu'il a pour manie de sommeiller au ras de l'eau dans la position de la banane ? Toujours est-il qu'il vile rumeur prête au phoque des pratiques homosexuelles, dans la fâcheuse intention de se moquer grassement de ces derniers.
Les linguistes crawlent et brassent sur les origines de cette discourtoise expression. Alain Rey assure qu'il ne peut s'agit que d'une confusion avec le foc, voile avant des goélettes, ketch et autres sloops. Mais de forts savants s'entêtent, prêchent et coupent : ah mais si ! le phoque organise chaque dimanche une gay pride sur le char de Neptune ...
Les phoques ? en zoologie, c'est bien la famille des phocidae, tiens ... Prenons le gris de la mer d'Iroise. Onze mois sur douze, c'est maquereaux, coolo, dodo. Libido ? zéro ! Reste un mois, durant lequel la nature rappelle à monsieur ses devoirs de géniteur. Il trempe alors ses croissants du matin dans un grand bol de testostérone. Ferraille avec les concurrents à coup de chataignes et de jets d'anathèmes. Il se constitue, sabre au clair, un harem qu'il fécondera en guerrier hun : de force, sans Dom Pérignon, ni préliminaires, ni volupté.
Macho. Oui. Homo, jamais. L'affreuse locution de bistrot, en toc.
Mais si l'on veut à tout prix faire une comparaison animale, ce ne sont pas les espèces pratiquantes qui manquent. Prenons le lion par exemple. Hé ! Homo comme un lion ? ça sonne pas mal ça , non ?
Thierry Creux pour Ouest-France du 25.8.2014

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