Par Joie Des Mots
En 1982, j’étais étudiant en Sciences Economiques dans une faculté de l’Ouest de la France réputée pour avoir été la deuxième à avoir démarré Mai 68 après celle de Nanterre. Une copine m’avait présenté un Libanais sympathique, bel intellectuel barbu à lunettes.
Un jour ma copine l’invite chez moi. Je leur propose à boire, l’assortiment classique de l’étudiant désargenté, café, jus d’orange, thé… Voilà que mon Libanais commence à m’invectiver agressivement pour avoir amené une brique Jafaden sur le guéridon du salon : « Comment ? Tu ne sais pas ce qu’est que ce jus d’orange ! » J’avoue ma méconnaissance totale, n’ayant à l’époque, France profonde oblige, jamais entendu parler de Jaffa. Je me vois embarqué dans une discussion homérique, accusé de financer le sionisme « massacreur de palestiniens voire néonazi », etc. n’ayant que pour faibles arguments ceux de la Shoah et de Septembre Noir, où je me fais littéralement rouler dans la farine à atayef. Première leçon. Avec le recul des années, je compris que le gus était sans doute sympathisant du Hezbollah, créé en 1982 au sud du pays. Libanais le gars ? Possible, pas sûr. Arabe, certain.
Depuis le RU de cette ville universitaire régionale dont l’extrême-gauche squattait à l’année l’accueil avec ses tables rondes et autres panneaux publicitaires syndicaux (comme partout en France), les débats Israël-Palestine n’auront jamais cessé. Les arguments sont toujours les mêmes : « victimes musulmanes versus sionistes nazis ».
Mon père fit un voyage initiatique à Jérusalem à la fin de ses études pharmaceutiques pendant les années 1950. Il nous raconta avoir vu des femmes voilées au bord d’un puits se faire fouetter par un mari, un cadi, un maître, parce qu’elles n’étaient pas assez rapides à déguerpir alors que le troupeau attendait pour s’abreuver… Cela ne se passait pas chez les Juifs mais chez ceux qu’on appelait à l’époque les « arabes palestiniens ».
https://ripostelaique.com/israel-contre-le-monde-entier.html

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