Par Joie Des Mots

J'étais intimidé,
c'était la première nuit que je passais à l'air libre après ma chute. (...)
Les nuits dehors,
pour peu qu'on les chérisse et les espère,
lorsqu'elles couronnent les journées de mouvement,
sont à accrocher au tableau des conquêtes.
Elles délivrent du couvercle,
dilatent les rêves.
N'entendait-on pas s'élever la clameur dans les villes d'Europe :
de l'air ! de l'air !
J'avais rêvé de m'allonger sous les sapins quand je gisais,
un an plus tôt, à l'hôpital.
Voilà que revenait les temps des bivouacs.
Sylvain Tesson
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