Par Joie Des Mots
Ce billet ne va pas me donner l’image d’un intellectuel de la politique. Que je n’ai jamais été, d’ailleurs. À ma grande honte, j’ai toujours été plus passionné par la forme des échanges, la qualité des expressions et des affrontements, la vigueur et l’intelligence des argumentations que par le fond souvent confus des débats d’où ressortait en définitive le fait que, malgré les apparences parfois violemment polémiques, les idées développées n’étaient pas si éloignées les unes des autres, sorties de leur vernis obligatoirement contestataire. C’est d’abord à cause de cette relative similitude des programmes européens, à l’exception de LFI et des Ecologistes campés dans un extrémisme irresponsable ou mou que j’ai tendance à m’attacher, avec une infinie curiosité et, je le crois, une réelle objectivité technique, à la nature des confrontations et à ce qu’elles révèlent des personnalités, des dons, des talents et des esprits.
Marion Maréchal n’est plus une révélation. Sa mise entre parenthèses de toute vie politique (à partir de 2017) durant quelques années lui a fait énormément de bien. De retour chez Éric Zemmour, quelles que soient les divergences de fond ou tactiques entre elle et lui – il est clair qu’elle s’en prend plus à François-Xavier Bellamy qu’à Jordan Bardella -, elle manifeste, dans les récents débats, une densité, une autorité, une sûreté, le fil impressionnant d’un verbe maîtrisé aussi bien dans l’affirmation que dans la contradiction, une ironie… Elle fait preuve d’un ton et d’une qualité de langage qui enlèvent à ce que sa pensée pourrait avoir d’extrême et de provocant l’âpreté dont par exemple Éric Zemmour ne s’est jamais privé. Si nous disposions, pour la politique, d’un quotidien comme l’Équipe pour le sport, elle bénéficierait de beaucoup d’étoiles. Son transfert serait hors de prix ! Je ne suis pas de ceux enthousiastes par inconditionnalité ; je mesure seulement comme sur le plan technique, de la forme, son apparence ajoutant à son expression la place au-dessus du lot. Si je la juge bien supérieure dans ses prestations à Manon Aubry (elle récite), à Valérie Hayer (elle tremble) et à Marie Toussaint (elle ennuie), ce n’est pas que je suis misogyne : je crois au contraire qu’on a oublié combien certaines femmes pouvaient avoir de talent et combien d’autres pourraient en avoir.
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