Par Joie Des Mots
Civette ou anciennement chat musqué sont des noms vernaculaires qui désignent en français de nombreuses espèces de petits
mammifères de la famille des Viverridae (au sens de Gray, 1821). Le mot « civette » dérive du terme arabe zabād désignant le musc et signifiant écumeux, via l'italien zibetto (it), ou bien le
catalan civetta. Les arabes désignaient l'animal sous le nom de qaṭṭ az-zabād, c'est-à-dire chat à musc, d'où l'autre nom vernaculaire.
L'attribution du nom, de chat, de genette ou de civette à une espèce animale a varié selon les époques. Par conséquent, dans
un document, pour distinguer l'espèce par son nom il est important de connaître la date du document qui en parle. Ainsi au XIXe siècle, Frédéric Cuvier appelait genette des espèces aujourd'hui
appelées civette.
La place de cet animal au sein du règne animal a en effet posé des problèmes aux naturalistes du Moyen Âge. Au XVIe siècle
Pierre Belon rapporte, conformément aux croyances de l'époque, qu'il était une sorte de hyène, mais pour Buffon au XVIIIe siècle, la civette était bien une sorte de blaireau. Nous considérons
toujours aujourd'hui que les civettes sont plus proches de ceux-ci que des chats ou des hyènes. Il fut capable de donner une description et surtout d'annoncer que sous ce terme se cachaient en
fait plusieurs espèces différentes. Buffon rapporte aussi que des civettes étaient effectivement en voie de domestication au Moyen-Orient et en Inde et même dans certains cas apprivoisées. Buffon
distingue les genettes des civettes du fait que les premières sont plus petites que les secondes.
L'odeur de la civette provient de la civettone, substance contenue dans un liquide blanc produit par les glandes anales de
tous les Viverridae. Ce liquide possède à l'état brut une odeur très forte, avec des relents d'excréments, mais une fois dilué il dégage une odeur de musc et de fleur. Les secrétions des glandes
anales de la civette étaient utilisées en pharmacie et dans la fabrication des cigares ou de parfums. Leur usage remonte à plus de 2 000 ans ; elles avaient la réputation d'être très appréciées
de Cléopâtre.
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