Par Joie Des Mots
La saga des ponts sur la Loire.
L'histoire regorge d'anecdotes. Tour d'horizon des surprises que cachent ces ouvrages d'art.
Pirmil, la forteresse
Pendant plus de 1000 ans, une seule ligne de ponts existe à Nantes, jusqu'à la construction de la seconde ligne en 1966. Elle
va de Pirmil, en passant par le pont Général Audibert, jusqu'à celui de la Poissonnerie.
Situé sur un des bras majeurs de Nantes, le pont de Pirmil était un des points stratégiques de la ville. Ce passage était le
seul moyen d'atteindre au sud, l'Île de Nantes. Le pont a donc d'abord été construit en matériau mixte. La partie sud est construite en pierre et deux arches du pont, qui mène à la ville, sont
faites en bois. Il est ainsi facile de détruire les arches en bois pour empêcher les ennemis d'arriver par le pont et d'accéder à la ville. C'est d'ailleurs ce qu'il s'est passé en 1793, pendant
la Révolution française, lors de la bataille de Nantes contre les Vendéens.
Sur les ponts de Nantes, on vit, on mouline, on tisse...
Habitations, commerces, moulins... Aussi étonnant que cela puisse paraître, les ponts ne servaient pas uniquement à traverser
les fleuves et rivières de la ville. C'était aussi de véritables lieux de vie. Sous les ponts, on trouve des pêcheries et plus insolite des moulins bateaux. Amarrés aux piles des ponts, ils
montent et descendent au fil des crues. Les fabriques d'indiennes (étoffes légères et colorées en coton) et faïenceries sont monnaie courante au XVIIIe siècle. Mais, les différentes installations
posent problème. Le passage devient trop étroit et les accidents sont fréquents. Petit à petit, au XIXe siècle, on décide de détruire les constructions et de faire du pont, un simple lieu de
passage.
« L'homme qui défie la mort »
Le 31 mai 1925, le cascadeur Willy Wolf, propose à la foule nantaise un spectacle un peu particulier. Il tente un plongeon du
haut du pont Transbordeur, à 90 m au-dessus du fleuve. La fin est tragique.
Épisodes moins tristes : des aviateurs ont également profité du symbolique pont Transbordeur pour réaliser des acrobaties
impressionnantes. Par exemple, celle d'Alexis Maneyrol, un aviateur du département, originaire de Frossay, en 1913, qui passe sous le tablier du pont.
Le pont Maudit
Avant les comblements, au début du XXe siècle, le pont Maudit reliait l'île Gloriette à l'île Feydeau, dans le bras de
l'hôpital. « Le pont aurait été baptisé ainsi par les mariniers. Les fondations compliquaient fortement la navigation », explique André Péron, écrivain, auteur du livre Sur les ponts de Nantes.
Le nom le pont Maudit fait également écho à l'effondrement du pont deux jours après les festivités du 14 juillet 1913. La catastrophe est évitée de peu.
Lucille QUINIOU. Ouest-France
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