Par Joie Des Mots
Pas d'odeur, pas de goût, pas de calories, l'agar-agar est le gélifiant idéal. Si séduisant que l'algue rouge, la gracilaria chilensis, est menacée d'extinction au Chili, principal producteur avec le Japon et l'Espagne.
"Avant la plage était remplie d'algues, elles nous arrivaient aux genoux" dit Pédro Soto, exploitant à Coihuin. L'algue qui pousse enfouie dans le sable fait vivre 2.000 personnes dans cette région du sud du pays. Le Chili exporte 1.800 tonnes par an en Chine, en Thaïlande et au Japon.
Au XVIème siècle, les japonais en versaient déjà comme coupe-faim, dans leur thé. En Occident c'est la crise de la vache folle qui a relancé l'agar-agar.
L'or rouge donne du corps aux cosmétiques, aux colorants textiles, aux plastiques et même aux recherches sur les bactéries. Il est partout. Et la production ne suit plus. A Coihuin, où l'algue poussait naturellement autrefois, les agriculteurs doivent désormais la semer.
Le danger d'extinction est là.
Le Maroc, confronté au même problème dès 2009 a imposé des quotas et des périodes de repos. L'algue n'est plus pêchée que 3 mois l'été. Et l'algue se reconstitue petit à petit.
Cécine Reto pour ouest-france (extraits)

Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog