Par Joie Des Mots
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Apprenant qu’il complotait dans son dos, l’empereur Napoléon dit un jour à Talleyrand qu’il devrait le faire fusiller. Ce à quoi l’évêque défroqué d’Autun – autrement appelé « diable boiteux » en raison à la fois de son esprit retors et d’un pied bot – aurait répondu avec tout l’esprit qui le caractérisait : « Je ne partage pas l’avis de votre Majesté. »
Car Talleyrand était un traître qui avait du panache, et sa traîtrise était notamment motivée par le souci de préserver au maximum la France qui menaçait de s’effondrer sous les coups de boutoir des coalitions menées contre l’Empereur.
Plus tard, bien plus tard, un autre traître en politique eut la mauvaise idée d’abandonner son mentor Jacques Chirac – un traître de haut vol celui-là, qui aurait même appelé secrètement à voter Mitterrand au second tour de la présidentielle de 1981 pour empêcher Giscard de rempiler, selon les confidences de ce dernier – pour aller soutenir le Premier ministre d’alors Édouard Balladur, pendant la campagne présidentielle de 1995 et avec le « succès » que l’on sait. Ceci n’empêcha pas ce traître – Nicolas Sarkozy pour ne pas le nommer – de devenir à son tour président en 2007.
Certes, la traîtrise est une constante dans la vie politique. Et elle peut même venir de sa propre famille : voir Marie de Médicis avec son fils le roi Louis XIII. Cependant, il convient de distinguer les traîtres de circonstance des traîtres de conviction. Et le nouveau Premier ministre, tout juste nommé par Emmanuel Macron, appartient sans conteste à la seconde catégorie.
En effet François Bayrou est un calculateur sournois qui, pour demeurer sur la scène politique, n’a pas hésité à trahir à peu près tout le monde, maquillant cela en convictions morales. Bayrou est un politicien raté et il se venge de cet état dont il n’a jamais réussi à s’extraire. C’est aussi une girouette politique. Et cette girouette va donc s’installer à Matignon.
Toutefois, et étant donné que l’Assemblée est devenue ingérable depuis la dissolution de juin dernier, il sera pieds et poings liés.
Au moins, pourra-t-il s’assurer une retraite de Premier ministre, ajoutée aux autres, c’est toujours ça de pris !
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