Par Joie Des Mots
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“J’appelle Français ceux qui ne veulent pas que la France meure ”, aurait proclamé Malraux.
Cette manière de définir la qualité nationale est, hélas, parfaitement adaptée à la situation actuelle.
Car il est passé le temps où le Français se disait français sur ses qualités, sa spécificité, son déterminisme. C’était un temps où la France était un corps vivant, la somme de traditions pluriséculaires combinées à une volonté d’entreprendre très contemporaine, une France qui se voyait, s’écoutait, se goûtait. Dans tous les pays de France, il existait encore cet équilibre entre ruralité et urbanité, entre la volonté de préserver et celle de transmettre, entre le désir de s’accomplir et celui de conquérir. Les Français d’alors étaient de France. Ils honoraient encore leur patrie et, dans les familles, on comptait ceux qui étaient tombés pour elle. Ils étaient la preuve de cet attachement indéfectible à sa terre, à sa volonté de demeurer enraciné à cette parcelle entre bois et champs, cet endroit unique qui avait permis à leurs ancêtres de subsister et de grandir.
Mais cela est parti très loin maintenant. Les fossoyeurs de la France se réjouissent chaque jour de l’avancée des destructions, du mouvement inarrêtable de cette boule d’acier qui brise les murs des monuments et fait tomber les clochers, qui massacre des siècles de connaissance et de maîtrise, qui réduit en poussière la mémoire des hommes, leur langue, leur esprit, leur envie d’être au monde et de le transcender.
Ceux d’en face sont de nulle part et de partout. Ils sont cette puissance liquide qui noie le rêve des peuples de se prolonger toujours, ils sont le mépris, la lâcheté, le dédain et l’orgueil. Ils sont des chasseurs d’ombre qui contournent toutes les réalités. Ils vendraient du sable dans le désert et des glaçons sur la banquise. Ils mentent, dissimulent, trompent, abusent, bousculent, assassinent aussi.
Ils bâillonnent ceux qui parlent, arrêtent ceux qui marchent, harcèlent ceux qui rêvent. Ils sont sans aucune pitié et s’amusent à manipuler ce petit monde aux institutions dévoyées, aux équilibres rompus, aux échos falsifiés. Ils volent et accumulent, jouissent et gâchent, accusent et punissent. Ils sont le marteau et l’enclume.
Pour eux, la France est un moyen, à peine un escabeau, tout juste un marchepied. Son anéantissement sera la preuve de leur capacité à servir les intérêts des pires prédateurs du monde, ces loques biologiques qui se promettent l’éternité en dévorant la substance même de l’Homme.
Ne pas vouloir que la France meurt, aujourd’hui, c’est se tenir prêt à sacrifier ce qui reste de nous pour restaurer notre humanité, réorganiser notre univers mental, recultiver nos champs et ré-enchanter notre âme. Il nous faut choisir la vie debout, car elle-seule peut redonner l’envie d’être un homme et, se faisant, le goût d’être un Français.
J.-M. M.
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