Par Joie Des Mots
On connaît l'armada de médicaments (bronchodilatateurs, corticoïdes...) qui permettent à bon nombre de personnes de
contrôler leur maladie, en agissant sur ses symptômes. Sur certains patients, les traitements par désensibilisation ont aussi fait leur preuve : on administre, chaque
jour, des doses croissantes d'allergènes pour faire baisser la sensibilité.
Un nanovecteur, surnommé « taxi moléculaire »
Antoine Magnan et Bruno Pitard, eux, ont décidé de s'attaquer à la cause de la pathologie, en la frappant en plein coeur, grâce à une combinaison unique et efficace de leurs deux spécialités.
Le professeur de pneumologie a élaboré un principe actif innovant, créé à partir de l'ADN de l'un des allergènes les plus répandus : les acariens (1).
Le chercheur de l'Inserm, lui, s'est attelé à trouver « le moyen le plus efficace pour transporter cette molécule d'ADN à bon port » : il s'agit d'un
nanovecteur, surnommé « taxi moléculaire » par Bruno Pitard, qui délivre son principe actif directement dans le tissu musculaire au moment de l'injection du
vaccin.
Et ça marche ! Comme le démontre la récente publication dans la revue Human Gene Therapy : les souris asthmatiques qui ont reçu ce
vaccin ont fabriqué des anticorps qui protègent leur organisme contre l'agression de l'allergène.
« On réussit à réorienter le système immunitaire vers une réponse tolérante ; alors que l'asthme, pour résumer, est une mauvaise réponse, expliquent-ils. Du
coup, la souris vaccinée ne développe plus d'allergie. Le but est de pouvoir, un jour, administrer ce vaccin à des allergiques au début de leur maladie, chez l'enfant notamment, pour
éviter le déclenchement des crises d'asthme. »
Le long combat des asthmatiques n'est pas terminé pour autant. En phase de tests précliniques, le vaccin nantais ne devrait pas être disponible pour des essais thérapeutiques chez l'homme avant
cinq ans au moins.
Anne AUGIÉ.
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