Par Joie Des Mots
Hier, en vous contant l'histoire de la Chapelle de Bethléem, je vous ai parlé des roseaux ...
Cette région des bords de Loire, vaseuse, est une vaste roselière.
A la saison ,l'automne, les roseaux étaient coupés, la récolte se révélait particulièrement pénible. Les
habitants de Saint-Jean devaient passer une partie de la journée dans l'eau et dans la boue jusqu'aux genoux, parfois jusqu'à la ceinture. Ils cueillaient les roseaux à l'aide d'une faucille
spéciale et les réunissaient en bottes. Ici on appelait ça le "rou", ce "rou" servait à la fabrication de "courtines.
La confection des courtines se faisait en famille, à la veillée. La première opération consistait à couper des tiges d'égale longueur et à les nettoyer de leur écorce. Puis, avait lieu
l'ouverture du roseau, effectuée avec une courte lame fixée sur un manche de bois ; on tranchait ainsi la tige sur toute sa longueur.
La troisième opération était la spécialité des enfants, qui dansaient sur les tiges avec leurs sabots, pour les écraser et les assouplir. Enfin, la dernière opération, qui s'appelait "courtiner",
était réservée aux femmes. Il s'agissait, en réunissant les roseaux quatre par quatre et en les entrelaçant, de tisser la natte proprement dite.
ces courtines étaient embarquées ensuite à bord de grands bateaux plats, les "toues" pour être vendues à Nantes, aux armateurs qui les utilisaient pour emballer leurs cargaisons. Ce sera l'objet d'une autre histoire, le commerce triangulaire.
Pour faire ces courtines, on se réunissait dans une pièce nue, assez spacieuse, éclairée par des chandelles de résine, on disait des rousines.
Le travail était pénible, car les femmes devaient travailler accroupies et chaque courtine mesurait environ 3m².
Pour se reposer un peu, les veillous inventaient des chansons, racontaient des histoires ... de loup-garou de la chapelle de
Bethléem par exemple.
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog