Par Joie Des Mots
Les arbres, comme autant de vieillards rachitiques,
Flanqués vers l'horizon sur les escarpements,
Ainsi que des damnés sous le fouet des tourments,
Tordent de désespoir leurs torses fantastiques.
Tels de noires et grimaçantes statues,
Brulés vifs dans la force de l'âge,
Défigurés, anonymes, ça et là abattus,
Un rictus désormais leur tient lieu de visage.
Ils étaient pourtant beaux et de très noble allure,
Lorsque leur front déclinait l'éclat de leurs charmes,
Quand frissonnait au vent leur ample chevelure,
Après l'ondée comme pour essuyer leurs larmes.
Leurs voix se sont tues , ils n'ont plus de parfum,
Ils ne parlent plus que de cette brulure,
Qui, un soir d'été, les a faits défunts,
Et fixés à jamais en de sombres sculptures.
André Arnal
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