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Etat des clochettes ...

 

Muguet : le temps frais ralentit la cueillette

muguet.PNG " Hou la gadoue, la gadoue, faudrait des bottes de caoutchouc », écrivait Gainsbourg... C'est ce que doivent penser les producteurs de muguet. La pluie persistante qui arrose le Pays nantais n'est pas bonne pour la petite fleur à clochettes. Pourtant, la cueillette bat son plein chez Muguet. com. Vendredi 27 avril, toute la production doit partir, arrosant toute la France, en prévision du 1er mai.
Une semaine éprouvante pour Louis Douineau, le maraîcher, associé à Hervé Marais pour exploiter 7 ha. Pourtant d'un naturel optimiste, il s'inquiète. « Pendant le muguet, je perds quatre kilos », sourit l'homme de 58 ans. L'année 2011 a été mauvaise : avec la chaleur, le muguet a fleuri trop tôt. Bilan, une cueillette divisée par deux et une perte de 189 000 €.
7 000 saisonniers
Cette année, c'est le contraire. Un mois d'avril frais. Peu de soleil. Le muguet cultivé en plein champ est en retard. « Pour accélérer la floraison, au moindre rayon de soleil, on le couvre de plastique noir pour capter la chaleur », explique Louis Douineau. Une production fragile donc, qui amène des maraîchers à l'arrêter. Le muguet n'est pas leur seule activité. Louis produit aussi de la mâche et des poireaux.
Il a quand même bon espoir de cueillir 3 millions de brins, comme lors des bonnes années. Les trente producteurs de Loire-Atlantique fournissent 40 des 50 millions de brins achetés en France.
Louis vend le brin brut entre 15 et 30 centimes aux grossistes et aux distributeurs, selon sa qualité. Un prix stable, constitué pour moitié par le coût de la main-d'oeuvre. Quelque 7 000 saisonniers sont recrutés dans le Pays nantais pour une à deux semaines. L'exploitation de Louis passe alors de 60 à 500 salariés !
Parmi les saisonniers, de nombreux étrangers, notamment des Roumains. Comme Mihaela, 22 ans. Rom, elle vit dans un mobile home près de Nantes. « Je suis payée le smic, dit-elle. Ça me plaît : ça fait trois ans que je le fais. » Elle est encadrée par Colette, 55 ans, salariée à l'année : « J'aime le contact avec les gens. Mais il y a la barrière de la langue. Ce serait bien qu'on ait une brochure illustrée à distribuer pour expliquer le travail. »
La cueillette a commencé vendredi. Mais il y avait peu à récolter. Alors on croise les doigts. Tout se joue cette semaine... « Sous le soleil exactement », fredonnait aussi Gainsbourg.

Jacques SAYAGH.

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