Par Joie Des Mots
Tombouctou, ce nom fait rêver. Une année, en vacances au Maroc, à la limite du désert ... nous avons vu une pancarte Tombouctou ... tant de kilomètres ... cette ville existait vraiment pas que dans nos rêves. La folie, le pillage des hommes me font mal. Toutes ces destructions de monuments qui pourraient passer à la postérité, par la bêtise des politiques ou des religieux me révulse.
Les mausolées et les mosquées de la ville sainte malienne sont en danger. Les islamistes d'Ansar Dine ont saccagé au moins huit sites religieux.
La porte de la mosquée Sidi Yahia, l'une des trois grandes mosquées de Tombouctou, n'avait pas été ouverte depuis 600 ans.
Hier, des islamistes du mouvement Ansar Dine « sont venus avec des pioches ; ils ont commencé par crier ' Allah ! ' et ils ont
cassé la porte. C'est très grave. Parmi les civils qui regardaient ça, certains ont pleuré ».
« Crime de guerre » pour la Cour pénale internationale
Pendant le week-end, les islamistes qui contrôlent « la cité aux 333 saints » depuis trois mois avaient déjà démoli sept des seize mausolées de saints musulmans de la ville. En
inscrivant le 28 juin la ville de Tombouctou sur la liste du patrimoine mondial en péril, l'Unesco ne pensait pas déclencher une telle vague de violence. Les islamistes d'Ansar Dine n'ont
pas apprécié la décision de l'agence onusienne.
Ansar Dine, qui veut instaurer la « charia » (loi coranique) au Mali, estime aussi que les mausolées érigés par les musulmans d'obédience soufiste relèvent d'une idolâtrie bannie par
l'islam. Le mouvement se réfère à la ligne la plus dure : celle du hanbalisme, qui rejette le culte des saints.
Ces destructions ont été vivement condamnées par l'OCI (Organisation de coopération islamique), l'Association des leaders religieux du Mali et de nombreux pays d'Afrique et d'Europe. Selon
Fatou Bensouda, procureur de la Cour pénale internationale (CPI), la destruction de biens religieux à Tombouctou pourrait être considérée comme un crime de guerre : « Mon
message à ceux qui sont impliqués dans cet acte criminel est clair : arrêtez la destruction de biens religieux maintenant. C'est un crime de guerre pour lequel mes services sont pleinement
autorisés à enquêter ».
La démolition de bâtiments religieux de Tombouctou rappelle le sort des Bouddhas de Bamyan, dans le centre de l'Afghanistan, détruits en mars 2001 par les talibans. L'émoi suscité pourrait
accélérer une décision onusienne de soutien à une opération militaire lancée au Mali par des puissances régionales comme le Nigeria. Une telle force étrangère devrait bénéficier du soutien
français et surtout américain, dont des avions de reconnaissance et, probablement, des drones opèrent déjà au Sahel dans le cadre des opérations de lutte antiterroriste.
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