Par Joie Des Mots
A une dizaine de kilomètres à l’ouest de Lisbonne, face à la Pousada Dona Maria et ses façades pastellées en rose, le
Versailles du Portugal offre un exemple harmonieux et parfait d’architecture rococo. Au XVIIIe siècle, ce pavillon de chasse fut profondément remodelé de 1747 à 1786, et transformé en
résidence d’été pour la famille royale. Mélange de baroque et de néoclassicisme, il conserve pourtant des dimensions humaines. C’est une ravissante pâtisserie rose et or qui symbolise un peu
l’ultime éclat de l’âge d’or du Portugal et qui devint une sorte de tombeau de la famille royale lors du « protectorat » anglais, au début du XIXe siècle. La visite du
château est intéressante passant par une enfilade de pièces couvertes de miroirs et habillées de mobilier de style sur lesquelles plane le souvenir de la reine Maria I (1777-1816), promise de
Louis XV, et qui sombra doucement dans la folie… Repousser les avances de l’Angleterre pour faire alliance avec la France quelques années avant la Révolution ne laisse pas indemne ! Sans
compter que le raffinement qui prévalait pendant l’occupation de ce palais par la reine Maria I, se doublait d’intrigues qui menacèrent notamment le marquis de Pombal, et que Junot s’installa à
demeure lors de l’invasion napoléonienne en 1807 ! Vous visiterez les appartements, le salon de musique (pour ne pas affecter l’acoustique, les colonnes sont en bois peint imitant le
marbre), la salle du Trône, la salle des Ambassadeurs (avec grand vase chinois et fresque au plafond), le boudoir de la reine et la chambre du roi.
Les magnifiques jardins à la française, somptueux et désolés, sont suivis d’un parc romantique où des spectacles ont lieu l’été. Au-delà d’une terrasse couverte de buis et de bassins, où les
faunes jouent à cache-cache avec les massifs de fleurs, les jardins descendent doucement en vastes allées rectilignes dont les hautes bordures de buis délimitent de petits jardins secrets. A
droite, vous ne raterez sous aucun prétexte le jardin mauresque, plein de charme et surtout le clou : un vaste canal (115 m de long), surmonté de pot de fleurs et couvert d’azulejos, sur
lesquels on se promenait autrefois en barque. Dommage que les moyens manquent pour redonner aux jardins leur splendeur d’antan, mais c’est finalement encore plus romantique ainsi, attention aux
montées de spleen, les jours de pluie !
Dans les cuisines d'autrefois, un restaurant très haut de gamme, je n'ai pas eu le plaisir d'y déjeuner, par contre, l'après-midi on y sert des collations inoubliables, le décor, le plateau
roulant avec les pâtisseries, pas un bruit, tout est beau, bon, feutré, discret ... royal. Et ça j'y ai goûté lol
Combien de fois j'ai entedu ce fado, avec des larmes dans les yeux des Portugais qui étaient présents.
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