Et nous étions ainsi dans une nuit massive l'un à l'autre mêlés, nos chevelures confondues, nos branches, nos racines, et nous tombions comme un seul arbre ainsi avec lenteur dans un silence lisse. Jean Joubert
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Ils se cachent, dit-on, pour mourir. Moi, je dis Qu’aucun oiseau jamais ne meurt, Mais que très haut, parmi l’écume Et les tourbillons d’astres, leurs chants De planète en planète bondissent Vers leur source. Anne Perrier C'est vrai que depuis que j'ai...
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Accroche-toi à mes lèvres, Par le feu, par la flamme Qui fondent les rouges à lèvres Où brillent mes regards. Accroche-toi à mes lèvres, Pour qu’elle colle à tes lèvres Dans les sucs que sécrètent Les baisers qu’on s’échange. Jean Saint-Vil
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Nous plongions nos mains dans le langage,Elles y prirent des mots dont nous ne sûmes que faire, n’étant rien que nos désirs. Cette eau, notre espérance.D’autres sauront chercher au plus profondUn nouveau ciel, une nouvelle terre.Yves Bonnefoy
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Comme les larmes montent aux yeux puis naissent et se pressent, les mots font de même. Nous devons seulement les empêcher de s'écraser comme les larmes, ou de refouler au plus profond. Un lit en premier les accueille : les mots rayonnent. Un poème va...
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La ville s’ouvre comme une étoile à cent branches dans les rues les amants font les soleils la lumière coule le long des façades les bourreaux traquent les anges et les merveilles et pourtant des cœurs battent au secret des pierres proclamant la puissance...
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"Près de l’Ecosse, il existe une petite île, toute petite, toute perdue. Et dans un coin, tout petit, tout perdu de cette île, une petite plage, toute perdue, battue par les vents et la pluie, mais dont les sables chantent… Vraiment. Il y a quelques scientifiques,...
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Tu as tout à apprendre, tout ce qui ne s'apprend pas : la solitude, l'indifférence, la patience, le silence. Tu dois te déshabituer de tout : d'aller à la rencontre de ceux que si longtemps tu as côtoyés, de prendre tes repas, tes cafés à la place que...
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Nous avons joint nos lèvres. La couverture est tombée une deuxième fois. Il y a eu un bruit de chaises ébranlées. Ce fut un baiser calme. Un baiser qui a réchauffé discrètement les ténèbres derrière nos paupières. Yoko Ogawa
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Je n'écris plus que dans les herbes en attente d'hiver, sur l'écorce grenue des arbres, contre le ronronnement des chats, dans le souvenir piquant de flocons de neige. Je dis A Dieu aujourd'hui, sans doute n'en serai-je pas capable le moment venu. L'inconséquence...
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