Par Joie Des Mots
À Ouessant, des archéologues ont découvert les vestiges d'un village et d'un sanctuaire. Mais qui étaient donc ces Ouessantins, grands architectes vouant un culte à la bernique ?
Arrivé à bon port, celui d'Ouessant, il faut marcher quelques centaines de mètres avant de trouver un petit chemin sur la
droite. On passe alors à côté de la colline Saint-Michel sans voir, à ses pieds, la terre retournée et les cailloux d'une autre époque.
Des cailloux ? Pas pour le maître des lieux, Jean-Paul Le Bihan, qui d'un oeil expert aperçoit plutôt des trésors : « Là, il y avait un village de l'âge du Bronze, puis de
l'âge du Fer. Ici, une zone d'activités sacrées, un sanctuaire utilisé par les Ouessantins et les marins de tous horizons. Le voyage s'accompagne toujours de superstitions et de
croyances. »
Cela fait vingt-cinq ans que l'archéologue passe ses étés les mains dans la terre ouessantine. Ses hivers, il les partage entre recherches et publications. Et il y a du boulot. Au grand plaisir
du passionné qui, sourire dissimulé derrière une épaisse barbe blanche, vous en parlerait pendant des heures. Car, sur le site de Mez Notariou, on trouve de tout, du néolithique à l'époque
gallo-romaine.
Ouessant était, probablement, un haut lieu de la culture païenne. Dès l'âge du Bronze, on trouve des traces d'une activité religieuse à Mez Notariou. « Ce qui est unique, c'est que
ce lieu soit resté un sanctuaire pendant 2 000 ans », commente Jean-Paul Le Bihan, d'une voix enthousiaste.
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