Le romancier de Manosque, lui, faisait rendre gorge de son venin au pays. Sa Provence grinçait dans le vent, gémissait sous le pied. Le caillou y affleurait, dur. L'eau y était rare, la nature cannibale. Le climat avait l'orage où la canicule à offrir...
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Je me jurais, une fois rentré en France, de continuer à pratiquer l'affût. Nul besoin de se trouver à 5000 mètres dans l'Himalaya. La grandeur de cet exercice partout praticable était de toujours procurer ce qu'on exigeait de lui. À la fenêtre de sa chambre,...
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Elle se leva pour rentrer les chevaux sous l'abri. C'était une vision préraphaélite : une femme lente, dure, claire et précise, allant sous la lune, suivie de son chat, d'une oie, de chevaux sans licol, et d'un chien. Tous glissaient, la tête haute, sans...
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Je suis sorti des chemins humanistes, à la faveur de rencontres qui me dessillèrent les yeux et me désoperculèrent les oreilles. Lors de mes premiers voyages, je partais admirer le spectacle du monde et le rideau se leva sur l'universelle oppression de...
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En cas de mélancolie, il suffit de penser à ce beau principe de régénération : les arbres meurent, tombent et pourrissent. Et sur l'humus, qui est la mémoire de la forêt, d'autres arbres naissent et commencent pour un siècle ou deux leur ascension vers...
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Le soir, nous installons nos bivouacs à l'orée de forêts de pins, là où les herbes sont grasses. Nous entravons les chevaux avec une corde d'escalade. Ils broutent toute la nuit en divaguant, autour de la tente, s'allongeant sur les fleurs quand ils sont...
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Des sauterelles craquettent par milliers, rappelant qu'elles sont une inépuisable réserve de protéines. Je rêve d'ailleurs du jour où l'humanité se nourrira d'insectes d'élevage, laissant tranquilles vaches et cochons. Sylvain tesson
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La glace se disloque, l’eau regagne la liberté. Elle taille des chenaux entre les plaques ou submerge les morceaux de banquise. La pluie ne trouve pas le chemin de la terre. Les traînées d’eau remontent au ciel dans les tourbillons de vent. Dans la confusion,...
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Je suis au seuil d'un rêve vieux de sept ans. En 2003, je séjournai pour la première fois au bord du lac Baïkal. Marchant sur sur la grève, je découvris des cabanes régulièrement espacées, peuplées d'ermites étrangement heureux. L'idées de m'enfouir sous...
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Privé de conversation, de contradiction et des sarcasmes des interlocuteurs, l'ermite est moins drôle, moins vif, moins incisif, moins mondain, moins rapide que son cousin des villes. Il gagne en poésie, il perd en agilité. Sylvain Tesson
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