Je suis seul. Les montagnes m'apparaissent plus sévères. Le paysage se révèle, intense. Le pays me saute au visage. C'est fou ce que l'homme accapare l'attention de l'homme. La présence des autres affadit le monde. La solitude est cette conquête qui vous...
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Je me réveillai au pied d'un pin, gonflé d'une excitation nouvelle. L'arbre fait-il percoler un peu de sa force dans l'organisme de celui qui dort à son pied ? Après tout, on gagnait à rester dans le voisinage de certains êtres. Peut-être en allait-il...
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Tu meurs à quarante-quatre ans, c'est jeune. Aurais-tu vécu mille ans, j'aurais dit la même chose : tu avais la jeunesse en toi, pour toi. Ce que j'appelle jeune, c'est vie, vie absolue, vie confondue de désespoir, d'amour et de gaieté. Désespoir, amour,...
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Pas un seul visiteur du matin ne regarde la ville autrement qu'à travers son appareil. La vie est un Photomaton. La mémoire des hommes serait-elle devenue à ce point défaillante qu'il faille archiver chaque instant ? Ainsi des voyages modernes : on traverse...
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Et si la liberté consistait à posséder le temps ? Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence, toutes choses dont manqueront les générations futures ? Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait...
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L’écriture doit venir nous chercher où nous sommes, nous sortir de la tombe de nos vies, faire revenir dans nos veines le sang vieil or de l’amour. Christian Bobin
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Des loups hurlèrent, loin, vers le couchant, par-delà le col."Ils chantent préféra dire Munier, ils sont au moins huit."Comment pouvait-il le savoir ? Je n'entendais qu'un même lamento. Munier poussa un hurlement. Au bout de dix minutes, un loup répondit....
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Offrir des fleurs aux femmes est une hérésie. Les fleurs sont des sexes obscènes, elles symbolisent l'éphémère et l'infidélité, elles s'écartèlent sur le bord des chemins, s'offrent à tous les vents, à la trompe des insectes, aux nuages de graines, aux...
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Sur l'enclume du songe, il martelait les mots. Les chevaux du langage, les vieux chevaux fourbus, il les ferrait de neuf. Il écrivait comme on heurte le cristal d'un verre, du bout de l'ongle. Il versait plus ou moins de silence dans la page, pour faire...
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Dans mon panthéon intérieur, les êtres que j'admire ont un point commun : l'amour de la vie, mais de la vie choisie. L'existence doit ressembler à leur rêve. Ces hommes pèsent sur le gouvernail de leur barque pour prendre le cap désiré. Sylvain Tesso...
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